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Constat nuisances sonores : comment faire constater les bruits de voisinage par huissier ?

17/05/2026
Constat nuisances sonores : comment faire constater les bruits de voisinage par huissier ?
Faire cesser les nuisances sonores : démarches obligatoires, 2-3 constats huissier, coût 204€ et recours pour dommages-intérêts

Selon le Centre d'Information sur le Bruit, plus de 68% des Français se déclarent gênés par le bruit à leur domicile, faisant des nuisances sonores la première source de conflits entre voisins. Qu'il s'agisse de talons qui claquent à répétition, d'aboiements incessants ou de musique tardive, ces troubles peuvent rapidement transformer votre havre de paix en cauchemar quotidien, affectant votre santé et votre qualité de vie. Fort d'une expertise reconnue dans le domaine des constats et des procédures judiciaires, l'Étude Agard & Vigner, commissaires de justice à Paris, vous guide pas à pas pour faire valoir vos droits face aux nuisances sonores persistantes.

  • Multipliez les constats à des horaires variés : prévoyez au minimum 2 à 3 interventions du commissaire de justice (coût moyen de 204 euros par intervention), en variant les jours et heures pour démontrer le caractère récurrent des nuisances.
  • Respectez l'obligation de tentative de résolution amiable : depuis 2020, vous devez impérativement justifier d'une tentative de conciliation ou médiation avant toute saisine du tribunal, sous peine d'irrecevabilité de votre demande (article 750-1 du Code de procédure civile).
  • Distinguez les seuils selon le type de nuisance : pour les activités professionnelles, l'infraction est constituée dès un dépassement de 5 dBA le jour et 3 dBA la nuit (émergence globale), tandis qu'aucun seuil légal n'existe pour les bruits de comportement.
  • Agissez contre le propriétaire bailleur si nécessaire : lorsque l'auteur des nuisances est locataire, le propriétaire est responsable solidairement (in solidum) du paiement des dommages-intérêts et doit être mis en demeure par lettre recommandée.

Le constat de commissaire de justice : votre atout majeur pour prouver les nuisances

Le constat établi par un commissaire de justice constitue une preuve authentique dotée d'une force probante exceptionnelle. Selon la loi Béteille du 22 décembre 2010, ce document fait foi jusqu'à preuve du contraire devant les tribunaux. Contrairement aux simples témoignages ou aux enregistrements personnels, les constatations matérielles effectuées par ce professionnel assermenté ne peuvent être remises en cause que par une procédure d'inscription en faux, procédure particulièrement lourde et complexe.

Les situations justifiant un constat nuisances sonores sont multiples : bruits de comportement comme les cris répétés ou les déplacements de meubles intempestifs, bruits d'animaux avec notamment les aboiements prolongés, bruits d'objets tels que les instruments de musique ou l'électroménager utilisé à des heures inappropriées, ou encore bruits d'activités professionnelles provenant d'un commerce ou d'un chantier. L'article R.1336-5 du Code de la santé publique précise qu'aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage.

L'efficacité du constat dépasse souvent le cadre judiciaire. Dans de nombreux cas, la simple intervention du commissaire de justice produit un effet dissuasif suffisant pour faire cesser les nuisances. Le voisin indélicat, confronté au sérieux de la démarche et à la perspective d'une action en justice, modifie fréquemment son comportement sans qu'il soit nécessaire de poursuivre la procédure.

À noter : Avant ou parallèlement au constat de commissaire de justice, vous pouvez saisir le syndic si vous habitez en copropriété, contacter la mairie pour demander un arrêté municipal contre les nuisances, ou appeler la police/gendarmerie pour constater les troubles ou déposer une main courante permettant de dater la persistance des troubles. Ces démarches ont toutefois une valeur probante inférieure au constat de commissaire de justice et ne constituent que des preuves complémentaires, pas des preuves suffisantes pour une action en justice.

Les démarches préalables obligatoires avant de faire constater les nuisances sonores

La résolution amiable : première étape incontournable

Avant d'envisager tout constat nuisances sonores, la loi impose de privilégier le dialogue. Commencez par une discussion directe et courtoise avec votre voisin pour lui exposer calmement la gêne occasionnée. Cette approche permet souvent de résoudre rapidement le problème, votre voisin n'ayant parfois pas conscience du dérangement causé.

Si le dialogue échoue, formalisez votre demande par écrit. Envoyez d'abord un courrier simple proposant un terrain d'entente, puis, en l'absence de réaction positive, une lettre recommandée avec accusé de réception. Cette mise en demeure doit décrire précisément les nuisances subies, mentionner les dates et heures des troubles, inclure l'historique complet des démarches effectuées pour supprimer le trouble (dates des courriers, tentatives de dialogue), et accorder un délai raisonnable de 15 jours à compter de la réception pour faire cesser définitivement les nuisances. Conservez impérativement tous ces échanges, ils constitueront des preuves essentielles de vos tentatives de résolution amiable. L'envoi peut se faire par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte de commissaire de justice, en évitant tout ton agressif ou menaçant qui pourrait être retenu contre vous.

La conciliation ou médiation : une obligation légale depuis 2020

La loi n°2019-222 du 23 mars 2019 a rendu obligatoire le recours à un mode alternatif de résolution des conflits avant toute saisine du tribunal judiciaire pour les litiges de voisinage. Cette étape, applicable depuis le 1er janvier 2020, vise à désengorger les tribunaux et favoriser les solutions négociées.

Pour respecter cette obligation, contactez un conciliateur de justice via votre mairie ou le tribunal judiciaire de votre ressort. Cette démarche entièrement gratuite permet de bénéficier de l'intervention d'un tiers impartial qui tentera de rapprocher les positions. Vous pouvez également recourir à un médiateur, bien que cette option soit généralement payante. L'article 750-1 du Code de procédure civile prévoit l'irrecevabilité de votre demande si vous ne justifiez pas de cette tentative préalable.

Exemple pratique : Madame Dubois, résidant au 3ème étage d'un immeuble parisien, subit depuis 6 mois les nuisances sonores de son voisin du dessus, Monsieur Martin, locataire qui pratique le saxophone tous les soirs entre 21h et 23h. Après deux tentatives de dialogue infructueuses et un courrier resté sans réponse, elle saisit le conciliateur de justice de sa mairie. Lors de la séance de conciliation organisée 3 semaines plus tard, un accord est trouvé : Monsieur Martin s'engage à limiter sa pratique avant 20h et à installer des panneaux acoustiques. L'accord est formalisé par écrit et évite ainsi une procédure judiciaire coûteuse pour les deux parties.

Organiser efficacement les constats par commissaire de justice

Constituer un dossier de preuves complémentaires solide

Parallèlement aux constats, constituez un dossier étoffé pour renforcer votre position. Tenez un journal détaillé des nuisances en notant systématiquement les dates, heures précises, la nature des bruits, leur intensité et leur durée. Cette chronologie méthodique permettra d'établir le caractère répétitif des troubles.

Sollicitez des témoignages écrits d'autres voisins incommodés. Ces attestations doivent respecter un formalisme précis : identité complète du témoin, lien avec vous, description factuelle et datée des nuisances constatées. Le formulaire Cerfa n°11527*03 disponible sur service-public.fr facilite cette démarche. Si votre santé s'est dégradée (insomnie, stress, anxiété), un certificat médical viendra documenter la réalité et l'intensité du préjudice subi.

Attention toutefois aux preuves illégales : il est formellement interdit de filmer ou enregistrer votre voisin à son insu, notamment l'intérieur de son domicile. Ces preuves obtenues déloyalement seraient non seulement irrecevables devant le tribunal, mais pourraient également se retourner contre vous.

Planifier stratégiquement les interventions du commissaire

Pour établir le caractère anormal des nuisances, prévoyez au minimum 2 à 3 constats réalisés à des moments variés. Cette multiplicité des interventions permet de démontrer le caractère récurrent et répétitif des troubles, critère essentiel pour caractériser leur anormalité selon la jurisprudence.

Variez les horaires d'intervention : jour et nuit, semaine et week-end, différents moments de la journée. Cette diversité temporelle prouvera que les nuisances ne sont pas ponctuelles mais constituent bien un trouble persistant. Le commissaire de justice intervient 7 jours sur 7, jours fériés compris, à toute heure, s'adaptant ainsi aux moments où les nuisances se produisent effectivement.

Le coût d'un constat varie généralement entre 150 et 350 euros par intervention, les tarifs étant libres et variant selon la durée de chaque intervention du commissaire de justice, facturée généralement à l'heure ou à la vacation. Des majorations s'appliquent pour les interventions de nuit, week-end et jours fériés, la moyenne se situant à 204 euros par intervention. Vérifiez si votre assurance habitation comprend une garantie protection juridique susceptible de couvrir ces frais.

Le déroulement du constat et les critères d'appréciation

Lors de son intervention, le commissaire de justice effectue des constatations matérielles et objectives en utilisant ses sens, principalement l'ouïe. Il applique une méthodologie rigoureuse pour qualifier le trouble selon trois critères cumulatifs : l'intensité du bruit, sa durée et sa fréquence de répétition. Pour les bruits d'activités professionnelles (bar, restaurant, commerce), il y a infraction dès que l'émergence globale (différence entre bruit ambiant et bruit résiduel) dépasse 5 dBA le jour et 3 dBA la nuit, sauf si le bruit ambiant est inférieur à 25 dBA à l'intérieur du logement et 30 dBA à l'extérieur. Ces mesures nécessitent un sonomètre calibré. Ces seuils ne s'appliquent toutefois pas aux bruits de comportement (talons, cris, musique), pour lesquels aucun seuil légal n'existe.

La qualification diffère selon l'horaire. Pour un tapage diurne (7h-22h), le trouble doit être répétitif, intensif et durer dans le temps pour être considéré comme anormal. En revanche, pour un tapage nocturne (22h-7h), le simple fait de troubler le voisinage suffit, sans nécessité de prouver la répétition ou l'intensité particulière.

Pour les bruits diffus d'appareils techniques comme les pompes à chaleur ou climatisations, le simple constat peut s'avérer insuffisant. Dans ces cas complexes, sollicitez une expertise acoustique judiciaire sur le fondement de l'article 145 du Code de procédure civile. L'expertise judiciaire est particulièrement nécessaire pour les bruits diffus d'appareils (pompe à chaleur, climatisation, ventilation, compresseur) car les mesures d'émergence spectrale et d'émergence globale sont d'une particulière complexité technique. L'expert acousticien indépendant désigné effectuera des mesures scientifiques que le commissaire de justice seul ne peut réaliser avec la précision requise.

Conseil pratique : Si l'auteur des nuisances est locataire, n'oubliez pas que le propriétaire bailleur est responsable solidairement (in solidum) avec son locataire du paiement des dommages-intérêts. Vous devez envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception au propriétaire pour lui demander de prendre les dispositions nécessaires. Le copropriétaire bailleur peut être poursuivi devant le tribunal du lieu de situation de l'immeuble. Cette responsabilité ne s'applique que si l'auteur est locataire, pas s'il est propriétaire occupant.

Engager les recours juridiques après les constats de nuisances sonores

La mise en demeure : ultime avertissement avant procès

Une fois les constats réalisés, délivrez une dénonciation de constat accompagnée d'une sommation de cesser le trouble. Cette mise en demeure formelle, idéalement transmise par commissaire de justice ou rédigée par un avocat, produit souvent l'effet escompté en démontrant votre détermination et le sérieux de votre démarche.

Cette étape présente l'avantage d'un coût modéré comparé à une procédure judiciaire complète, tout en conservant une forte valeur dissuasive. Le destinataire dispose généralement de 15 jours pour prendre les mesures nécessaires.

Saisir le tribunal compétent selon votre préjudice

Si les nuisances persistent, deux voies s'offrent à vous. Le tribunal de proximité est compétent pour les demandes inférieures à 4000 euros, tandis que le tribunal judiciaire est compétent au-delà de 4000 euros. Pour les demandes jusqu'à 5000 euros, la saisine peut se faire par requête simple sans avocat obligatoire. Au-delà de 5000 euros, l'assignation doit être rédigée par un commissaire de justice du ressort territorial concerné.

La procédure en référé permet d'obtenir des mesures provisoires en quelques semaines seulement (contre 1 à 2 ans pour la procédure au fond), particulièrement adaptée pour faire cesser un trouble manifestement illicite ou prévenir un dommage imminent. Le juge des référés peut ordonner la réalisation d'une expertise acoustique, la limitation des horaires d'activité, voire la fermeture provisoire d'un établissement. La procédure au fond vise l'obtention de dommages-intérêts pour réparer le préjudice subi.

Les mesures judiciaires et indemnisations possibles

Le juge dispose d'un large éventail de mesures pour sanctionner les troubles anormaux de voisinage. Il peut ordonner la cessation immédiate du trouble sous astreinte financière, imposer la réalisation de travaux d'isolation phonique aux frais du responsable, ou limiter les horaires d'utilisation d'équipements bruyants.

Les dommages-intérêts accordés varient considérablement selon la gravité et la durée des nuisances : de quelques centaines d'euros pour des troubles ponctuels à plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d'euros pour des préjudices importants et prolongés. La jurisprudence a validé des indemnisations de 7500 euros dans certains cas de nuisances caractérisées. L'indemnisation peut couvrir plusieurs aspects cumulables : la perte de valeur du bien immobilier, les frais d'isolation phonique engagés, le préjudice moral lié à la dégradation de la qualité de vie (validé par la Cour de cassation), et les frais médicaux en cas de répercussions sur la santé (stress, insomnie). Le juge évalue souverainement selon l'importance du préjudice et les circonstances.

Les sanctions pénales s'ajoutent aux mesures civiles : amende forfaitaire de 68 à 180 euros pour tapage diurne, jusqu'à 450 euros pour tapage nocturne selon l'article R-623-2 du Code pénal. Le juge peut également prononcer la résiliation du bail d'un locataire fautif ou la suspension d'une activité professionnelle génératrice de nuisances.

Points de vigilance et vérifications complémentaires

Avant d'engager toute procédure, consultez votre règlement de copropriété qui peut contenir des dispositions spécifiques sur les nuisances sonores. Vérifiez également l'existence d'arrêtés préfectoraux ou municipaux réglementant certaines activités bruyantes dans votre commune. Si l'activité commerciale, industrielle ou économique était déjà exercée par votre voisin avant votre installation dans la zone d'habitation, et si elle respecte les normes légales en matière de bruit, il ne sera pas possible d'obtenir réparation. Cette règle s'applique également aux bruits causés par des infrastructures de transport terrestre ou aérien préexistantes. Si l'activité est postérieure à votre arrivée mais respecte les normes, le recours reste également impossible.

Attention au risque de procédure abusive : en cas de perte du procès, vous vous exposez à une amende de 3000 euros et au versement de dommages-intérêts à la partie adverse. Notez également qu'aucune réparation n'est possible si l'activité commerciale ou industrielle préexistait à votre installation et respecte les normes en vigueur.

Face aux nuisances sonores qui perturbent votre quotidien, l'Étude Agard & Vigner met à votre disposition son expertise reconnue en matière de constats et de procédures judiciaires. Nos commissaires de justice interviennent rapidement sur Paris et l'Île-de-France pour établir des constats rigoureux et incontestables, première étape vers le retour à la tranquillité. Au-delà du simple constat, nous vous accompagnons dans l'ensemble de vos démarches : signification d'actes, exécution des décisions de justice, recouvrement de créances, avec la rigueur et la disponibilité qui caractérisent notre étude depuis des années.